Octobre, Novembre, Décembre 2004

- n° 45  

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F.S.    66

Bulletin trimestriel de la Section des Pyrénées Orientales de la Fédération Syndicale Unitaire de l'Education, la Recherche, la Culture

Sommaire

1 Édito
2 Hygiène et Sécurité à l’école
3 DECENTRALISATION : Transfert des TOS Cadres spécifiques d'emploi
4

Fonction Publique : Les syndicats réitèrent leur exigence de négociations salariales immédiates.

5 SALAIRES :  Echos de la réunion du 8 novembre 2004
6 PAROLES de MINISTRE
7 Remise en cause des jours fériés
8 LOI D'ORIENTATION SUR L' ECOLE : LES JEUX SONT-ILS FAITS ?
9

Elections au CTP du CROUS de Montpellier: Progrès de la FSU

10 Intervention du Secrétaire Général de la FSU à la table-ronde
organisée par le Premier Ministre – Jeudi 21 octobre 2004
11 Les nouvelles coordonnées du site web de la FSU des Pyrénées Orientales
12 TRIBUNE LIBRE:TOUS ENSEMBLES?
13

Jeudi   2 Décembre   à 20 h 45 Lycée Clos Banet   PERPIGNAN
Un débat avec Gérard  ASCHIERI 

14 Les syndicats de la FSU

 

Édito : Passer à l’action !

’opération carton rouge a connu un franc succès (200 000 signatures recueillies en quelques jours), mais le gouvernement refuse d’en tenir compte pour le budget de l’éducation nationale! Il poursuit d’autre part sa remise en cause des acquis sociaux et des droits des travailleurs ainsi que les attaques contre les services publics. Après les retraites, la Sécu,… les services publics et l’école sont en ligne de mire.

N’oublions pas que le ministre de l’Education Nationale, F. FILLON est celui qui a déjà officié contre le système des retraites en augmentant la durée de cotisation tout en diminuant le taux des pensions.

-Quel crédit peut-on faire à un tel ministre quand il affirme vouloir débattre avec les organisations de la loi d’orientation, lorsqu’on a vu sa conception du dialogue sur les retraites?

- Quel crédit peut-on lui accorder quand il privilégie l’annonce télévisuelle au débat avec les organisations syndicales?

- Quel crédit peut-on accorder à un gouvernement qui brade un à un les services publics?

- A qui fera-t-on croire que la baisse des impôts profite aux plus pauvres (et notamment à ceux qui n’en payent pas!)?

- A qui fera-t-on croire que la privatisation des services permettra de mieux satisfaire le public quand rentabilité et profit obligent?

Face à un tel constat, il serait suicidaire de ne pas réagir.

La FSU estime indispensable de construire des mobilisations unitaires d’ampleur pour la défense des services publics et des statuts, pour les salaires et pour une école qui assure la réussite de tous.

Dans cette perspective, elle apporte son plein soutien à la grève du 7 décembre lancée par ses syndicats dans le second degré, l’enseignement agricole, l’administration de l’éducation nationale… ainsi qu’à la journée d’action du 14 décembre appelée par le collectif national unitaire contre le projet de loi relatif à la délinquance.

La FSU propose également aux autres organisations de fonctionnaires d’organiser l’intervention des personnels notamment le 8 décembre, en particulier dans le cadre de l’opération «fiche de paye».

La FSU, lors de son prochain CDFN (13 décembre) fera le bilan des actions engagées et élaborera un dispositif d’action pour janvier.

La venue de Gérard ASCHIERI dans notre département, sera une étape de ce dispositif pour faire connaître l’ambition que la FSU a pour l’école.

Michel FRANQUESA


HYGIENE ET SECURITE A L’ECOLE

Le Comité Hygiène et Sécurité Départemental a été réuni le 5 novembre, à l’Inspection Académique.

Cette réunion avait pour but une information sur le «programme annuel de prévention» adopté par le Comité national le 9 mai 2004.

Il s’agit à la fois de sécuriser les établissements et de mieux appréhender les problèmes de santé des personnels et gérer leur suivi.

Les problèmes évoqués ont concerné les ACMO (Agents Chargés de la Mise en Oeuvre  de la prévention) d’établissements et leur formation. Le manque d’ACMO académiques et départementaux les isolent et leur manque de disponibilité, notamment dans le premier degré ( un ACMO par circonscription: le Conseiller Pédagogique EPS), mais aussi le second degré (un ACMO pour la cité scolaire de Lurçat) freine leur formation.

L’autre problème majeur est l’insuffisance criante de médecins de prévention (3 sur l’Académie) qui doivent en plus consacrer un tiers de leur temps à la visite des sites. Leur interventions concernent donc davantage les situations d’urgence et non la prévention. La visite médicale annuelle n’est pas appliquée.

En ce qui concerne la sécurité des établissements, le PPMS (Plan Particulier de Mise en Sécurité face aux risques majeurs) ne concerne encore que 10% des établissements. Chaque chef d’établissement doit évaluer les risques de son établissement annuellement.

Les problèmes concrets évoqués (téléphone dans les gymnases, stockage des déchets, aération/ventilation des laboratoires…) ont tous ramenés au manque de formation des personnels.

L’accueil des élèves handicapés reste le plus souvent inadapté. Une enquête sur le tabagisme va être mise en place.

L’accent a été mis tout particulièrement sur l’information: mise en place d’une boîte aux lettres informatique pour les ACMO, envoi d’adresses de sites internet à tous les chefs d’établissements et à un maximum de personnels.

La prochaine réunion aura lieu en avril 2005.

Beaucoup reste donc à faire, mais il semble qu’il y  ait volonté administrative d’améliorer la situation.

Anne-Marie DELCAMP


DECENTRALISATION : Transfert des TOS Cadres spécifiques d'emploi

Un voeu du CSFPT (Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale) soutenu par le gouvernement laisse supposer que les cadres spécifiques d'emploi prévus pour l'accueil des personnels TOS et issus des engagements du gouvernement après le mouvement de l'an passé, seraient remis en question au profit des cadres génériques.

Cette situation mérite toute notre attention :

·    parce que nous restons attachés aux cadres spécifiques, qui doivent être améliorés, mais qui garantissent notamment le maintien des TOS dans les EPLE. Par voie de conséquence, ces cadres d'emploi représentent un obstacle pour une collectivité qui chercherait à privatiser certaines missions.

·    parce que ce voeu ayant été soutenu conjointement par les Collectivités Locales et le gouvernement, cela introduit une nouvelle donne.

Un point que nous ne manquerons pas d’évoquer et de clarifier lors d’une rencontre avec le président du Conseil Général

Fonction Publique

Les syndicats réitèrent leur exigence de négociations salariales immédiates.

            Les organisations syndicales C.G.T. – C.F.D.T. – F.O. – U.N.S.A. – F.S.U. – C.F.T.C. – C.G.C. de la Fonction publique ont reçu, ce 15 novembre, un courrier du ministre de la Fonction publique qui n’apporte aucune réponse aux points soulevés dans leur lettre ouverte du 10 novembre.

            Une fois de plus, le ministre refuse d’entendre la demande unanime des syndicats d’ouverture de négociations salariales et maintient sa réunion «d’échange» pour un «constat partagé» sur «la réalité» de l’évolution du pouvoir d’achat, renvoyant à décembre une réunion limitée à l’examen d’une «première esquisse de mesures salariales concrètes».

            Les organisations syndicales souhaitent le débat et la confrontation de points de vue dans le cadre des négociations dont elles exigent l’ouverture immédiate. Elles rappellent que ces négociations doivent porter sur la valeur du point d’indice, ses évolutions au titre de 2004 et de 2005 ainsi que, par voie de conséquence, sur les autres éléments qui font l’objet de la plate-forme revendicative commune : rattrapage et anticipation sur la valeur du point ; relèvement du minimum de rémunération et abrogation du décret fixant la détermination de celui-ci ; engagement d’une réforme de la grille et des carrières ; mesures concernant les retraités.

            Elles tiendront, ce 23 novembre, une conférence de presse, au cours de laquelle elles présenteront leur analyse sur la situation salariale dans la Fonction publique et argumenteront leur opposition aux éléments de propagande développés par le ministre.

            L’ensemble des syndicats de la Fonction publique maintiennent leurs contacts et comptent tout mettre en œuvre pour que les personnels qui subissent des pertes considérables de pouvoir d’achat uissent faire entendre leurs exigences légitimes.

Fait à PARIS, le 15 novembre 2004


SALAIRES :  Echos de la réunion du 8 novembre 2004

Le ministre retient la progression annuelle de la fiche de paie* moyenne de 3 à 4 % de plus que l’inflation. Il insiste sur les contraintes qui pèsent sur les finances publiques  (pour l’état, la charge de la dette, l’augmentation des pensions) et sur le choix politique de maîtriser les impôts et d’identifier des priorités (la cohésion sociale, l’éducation et la formation). Il propose d’utiliser les ressources de «la manière la plus pertinente».

La FSU rejette le carcan dans lequel le ministre a enfermé les discussions. Elle récuse la méthode choisie de faire passer les fonctionnaires pour des privilégiés et l’utilisation tendancieuse et fallacieuse des données.

La FSU propose une autre approche des contraintes: une consommation renforcée par le pouvoir d’achat des fonctionnaires serait favorable à la croissance, ce qui desserrerait les contraintes. Elle conteste la réalité des priorités énoncées. Aujourd’hui, on n’a ni l’emploi ni les salaires, le service public en pâtit. La fiche de paie* moyenne n’existe pas. Cette approche transforme le sens des promotions. La question du point d’indice est incontournable, même si nos revendications ne s’y limitent pas (bas salaires, grille, retraités, minimum de pension).

* la fiche de paie moyenne est mesurée par la « rémunération moyenne des personnes en place ». C’est une mesure plus perverse que le GVT. Alors que le GVT (glissement vieillesse technicité) intègre le remplacement des agents en retraite par des agents plus jeunes et moins rémunérés, la RMPP annule cette composante négative du GVT en ne s’intéressant qu’aux personnes en place deux années de suite. Pour des raisons démographiques, le GVT solde est pratiquement nul. Il fallait donc élaborer un nouvel indicateur qui permette de récuser les revendications salariales.

PAROLES de MINISTRE

Renaud DUTREIL, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat. (Conférence du 20 octobre organisée par la fondation Concorde)

« Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d’un retraité, c’est presque 75% du coût d’un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème. »

« A l’heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d’achat a perdu 4,5% depuis 2000. »

« Comme tous les hommes politiques de droite, j’étais impressionné par l’adversaire. Mais je pense que nous surestimons considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c’est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques.»

« C’est sur l’Education nationale que doit peser l’effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 millions de fonctionnaires de l’Education nationale, 800.000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l’Education nationale, c’est facile, on sait comment faire, avec Eric Woerth (secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat): on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c’est plus délicat. Il faudra faire un grand audit. »

« Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure –c’est ce que fait très bien Michel Camdessus -, mais sans paniquer mes gens, car à ce moment-là ils se recroquevillent comme des tortues. »

Déclaration FSU au CAEN du 15 octobre

Remise en cause des jours fériés

La FSU a toujours contesté la décision d’un accroissement de la durée du travail au nom de la solidarité à un moment où se multiplient les mesures, notamment fiscales, qui réduisent encore plus cette solidarité.

Le Projet de Loi de Finances 2005 sur l’action sociale interministérielle présenté au  C.I.A.S. (Comité Interministériel de l’Action Sociale), le 6 octobre 2004, est une illustration de cette réduction de solidarité.

Les prestations d’action sociale propres aux personnes âgées (fonctionnaires de l’Etat retraités) subissent une baisse des crédits de près d’un quart (-4,8 millions d’€, soit – 24 %).

- l’Aide à l’Amélioration de l’Habitat (AAHR) est, sans préavis, purement et simplement supprimée(-1 329 794 €).

- l’Aide Ménagère à Domicile est amputée de 3,5 millions d’€ (-18,7 %).

Le total des suppressions de crédits attachés aux prestations propres aux retraités, -4 ,8 millions d’€, représente à lui seul près de la moitié de la baisse de l’ensemble des prestations sociales interministérielles.

Toute la sollicitude de l'Etat envers ses anciens serviteurs est ainsi résumée, un an après la canicule de 2003, alors que les appels à la solidarité nationale en direction de nos «anciens» se multiplient au plus haut niveau de l’Etat.

Le gouvernement délaisse concrètement ses agents les plus humbles, dans le droit fil de la logique de baisse des pensions, conséquence de la réforme des retraites.

L’annonce du Premier Ministre, sans la moindre concertation, que ce sont les recteurs qui choisiraient le jour à supprimer, ne saurait satisfaire les personnels qui réclament l’abandon de la suppression d’un jour férié.

Donner à chaque recteur le choix de la date ne fera qu’ajouter à la confusion et à la nocivité d’une mesure fondamentalement injuste et ce sont autant les familles que les personnels qui en paieront le prix.

Communiqué de presse de la FSU

LOI D'ORIENTATION SUR L' ECOLE :
LES JEUX SONT-ILS FAITS ?

Alors que les "concertations" sont en cours et que nos interlocuteurs ministériels se gardent de dévoiler leurs intentions, les déclarations du Premier Ministre sur France 2 sont particulièrement inquiétantes.

Elles donnent en effet l'impression que les arbitrages sont déjà rendus et qu'ils traduisent une conception sans ambition et rétrograde du rôle de l'école.

En effet le Premier Ministre reprend la conception particulièrement étriquée du socle des fondamentaux qui dans le rapport Thélot était présentée comme un exemple et qui ne correspond en rien à ce qui est aujourd'hui nécessaire à une insertion réussie dans la société. Il semble consacrer l'idée que la diversité des "talents" empêcherait tous les jeunes d'aspirer à la même réussite et que certains n'auraient d'autre avenir que son "certificat de savoirs fondamentaux" : un tel projet, bien loin de contribuer à la lutte contre l'échec,  ne ferait qu'ossifier les inégalités sociales face au système éducatif  et dessinerait une école à plusieurs vitesses entre ceux qui auraient des "facilités" et ceux qui auraient des "difficultés" : il signerait l'abandon d'une ambition pour tous. Quelle valeur aura en termes de reconnaissance des qualifications un tel certificat qui s'apparente à la résurgence d'un sous certificat d'études ?

S'il ne s'agit pas de cela, le gouvernement doit rapidement faire connaître ses intentions véritables aux partenaires sociaux  et dire clairement si la concertation a encore un sens ou s'il ne s'agit que d'un leurre destiné à masquer des choix régressifs déjà arrêtés.

Paris le 11 novembre 2004


Elections au CTP du CROUS de Montpellier:

Progrès de la FSU

Malgré un nombre de votants en légère baisse, la FSU qui progresse de 30 voix et de 7,51%, passe de  la dernière en 2001 (où la CFTC était absente) à la 3ème position

Inscrits: 557 (538 en 2001) Votants: 430 (461 en 2001) 77% (81%)

 

Voix 2004

comp 2001

%

comp 2001

FERC-CGT

217

- 34

52,80%

- 5,98

FO

31

- 10

7,54%

- 2,06

FSU

53

+ 30

12,90%

+ 7,51

SGEN-CFDT

33

- 12

8,03%

- 2,51

UNSA

65

+ 2

15,82%

+ 0,13

CFTC

12

 

2,92

 

 


Intervention du Secrétaire Général de la FSU à la table-ronde
organisée par le Premier Ministre – Jeudi 21 octobre 2004

Le système éducatif français a beaucoup évolué au cours des dernières années, avec des réussites incontestables : en dix ans le pourcentage de jeunes arrivant au baccalauréat a doublé et le nombre de jeunes sortant sans qualification a considérablement reculé, ceci à coût quasi constant. Mais ces progrès semblent aujourd’hui stoppés et les inégalités travaillent encore notre école ; trop de jeunes se retrouvent en situation d’échec avec le risque d’exclusion sociale que cela signifie, trop de jeunes peinent à réussir leur scolarité ou sont mal orientés ; trop d’établissements scolaires sont menacés de devenir des ghettos ; les budgets de ces dernières années ont fragilisé le service public au moment où il fallait le renforcer.

Devant cette situation il est une tentation à laquelle nous ne voulons pas céder ; celle de considérer que certains jeunes n’ont pas les capacités qui leur permettraient la même réussite que les autres et qu’il s’agirait simplement de leur assurer les bases indispensables. Nous pensons au contraire qu’il importe de considérer que tous les jeunes ont droit à une formation et une qualification qui leur permette un accès à l'emploi, une formation tout au long de la vie mais également une vie personnelle riche et une pleine citoyenneté. Nous pensons qu’il faut faire le pari que tous peuvent réussir et il faut s’en donner les moyens. C’est le sens des propositions que nous portons. Permettez-moi de vous les présenter en 6 points. J'espère que vous y lirez en eux notre opinion sur le rapport de la Commission Thélot.

1.  Selon le Haut Conseil d'Evaluation de l'Ecole, en 2010 notre pays aura besoin d'au moins 70% de bacheliers parmi les jeunes sortant du système éducatif, au moins 45% devront être diplômés de l'enseignement supérieur. Quels que soient leurs origines, leur sexe, leur situation de handicap, tous les jeunes, pour devenir citoyen, mener une existence épanouie, accéder à l'emploi et évoluer dans cet emploi, ont besoin d'acquérir des savoirs, une culture, des compétences, un esprit critique. Tous ont besoin de qualifications reconnues. Un baccalauréat pour tous, avec un accroissement de l'accès aux diplômes du supérieur, doit être l'objectif que se donne une société plus démocratique et plus juste. C'est aussi la condition d'une formation tout au long de la vie efficace.

2. Cette exigence va de pair avec celle de faire échec à l'échec : 60 000 jeunes quittent encore l'école sans qualification mais l'échec ce sont aussi tous ceux qui se trouvent en difficulté à un moment ou à un autre ou qui sont orientés contre leur gré.

Il faut agir très tôt et très vite, repérer les élèves en difficultés et leur apporter le soutien nécessaire. Il faut développer la prévention et l'aide en mettant en place des équipes éducatives pluriprofessionnelles.

Premier contact avec l'Ecole, l'école maternelle doit faire l'objet d'une attention particulière d'autant que l'on sait le rôle incontestable qu'elle a joué dans l'amélioration des résultats du système éducatif. Pour assurer pleinement à chaque élève de réussir à l'école primaire il faut développer le travail en équipe, travailler avec plus de maîtres que de classes, développer la formation, accompagner les écoles et favoriser l'accès à la recherche. 

Le collège doit être celui de la réussite de tous sans sélection ni orientation précoce. Il doit laisser le temps aux jeunes de grandir et de faire des choix. Il doit conserver les mêmes objectifs et exigences pour tous les élèves. Après le collège les parcours de formations, les processus d'orientation doivent être plus clairs et accessibles pour tous. Nous récusons l'idée de filières cloisonnées au lycée. Que l'on soit en lycée professionnel, technologique ou général, on doit pouvoir accéder à une qualification reconnue et à l'enseignement supérieur. Des « passerelles » doivent permettre aux élèves de changer de voies.

3. Nous proposons de travailler à la constitution d'une culture commune : les savoirs, les connaissances et les techniques se multiplient et évoluent vite ; qui peut aujourd'hui esquiver les questions de santé, d'environnement ? Comment ignorer l'importance du droit, de la maîtrise des langues et des technologies ?

Face à ces questions, il faut poser celle de la réorganisation des savoirs tout au long de la scolarité obligatoire. Il ne s'agit pas de juxtaposer les savoirs dans un encyclopédisme vide de sens mais il n'est pas non plus question de recentrer les apprentissages dans une conception restrictive.

L'Ecole doit assurer à chacun un bagage scolaire essentiel. Cela suppose la définition d'une culture commune de connaissances, de compétences, de techniques, de savoir faire et de valeurs. Celle-ci doit permettre à chaque élève d'approfondir les enseignements artistiques, scientifiques, sportifs, historiques, littéraires... et de s'orienter progressivement après le collège. Il faut prendre en  compte le fait que toutes les recherches montrent que l'ensemble des disciplines participe à l'acquisition des savoirs. Que leur diversité est constitutive d'une culture qui permet la réussite de tous les élèves, un atout pour les plus en difficulté.

Ces exigences impliquent que l'on sorte de la limitation à 16 ans de la scolarité obligatoire : déjà la durée moyenne de la scolarisation est 18,9 ans. C'est ce qui justifie notre demande de porter la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans.

Pour permettre à chaque élève de s'approprier cette culture commune et lutter contre l'échec scolaire, il est nécessaire d'agir dans les classes et dans l'environnement des élèves : pouvoir alterner les formes de travail pédagogique et mieux suivre chaque élève, permettre aux personnels de se concerter, répondre aux différents besoins avec plus d'enseignants, plus de personnels, réduire les effectifs des classes, développer le travail en équipe, le lien avec les familles.

4. Nous proposons de renforcer le service public pour qu'il contribue à mieux assurer l'égalité de tous. Si l'Ecole doit prendre en compte les élèves tels qu'ils sont, elle ne peut en rester à adapter ses objectifs et ses valeurs aux origines sociales et culturelles des jeunes.

Il faut aussi permettre l'initiative locale au niveau des écoles et des établissements en développant la démocratie et en préservant un cadre national. La répartition des moyens doit donner plus aux écoles, collèges et lycées confrontés aux plus grandes difficultés notamment en ZEP. La gratuité, la mixité, la laïcité de l'école doivent être effectives.

Les parents, les lycéens et les étudiants doivent pouvoir mieux participer à la vie des écoles et des établissements avec des règles clairement définies pour tous.

5. Tous les personnels concourent à la réussite des élèves. Donner un nouvel élan à l'Ecole implique d'y maintenir et développer les divers métiers, les faire évoluer, conforter leur complémentarité. Les personnels ne sont pas interchangeables. Les enseignants ont pour mission d'enseigner et d'éduquer en enseignant. Ils ne peuvent tout faire : le travail en équipe (enseignants, CPE, surveillants, assistantes sociales, infirmières, médecins, CO-Psy, administratifs, TOS...) est indispensable.

Il faut améliorer la formation des personnels et développer la recherche en éducation.

Il est nécessaire d'accroître les emplois et programmer les recrutements pour faire face aussi aux nombreux départs en retraite et répondre aux nécessaires transformations à tous les niveaux du système éducatif.

Parce que la réussite de tous les élèves repose sur le travail collectif d'hommes et de femmes qualifiés, il faut leur assurer de bonnes conditions de travail, non pas alourdir le temps de travail mais libérer du temps pour répondre aux nécessités du travail en équipe, favoriser leur initiative et instaurer la confiance...

6. Tout cela implique que l'éducation soit une véritable priorité nationale. Le budget de l'éducation est un investissement et non un coût. Il est nécessaire de donner les moyens nécessaires pour scolariser mieux, transformer l'Ecole et  donner à la recherche et à l'enseignement supérieur les moyens indispensables.

L'on ne peut pas avoir de l'ambition pour l'école et ne pas y investir tout ce qui est nécessaire. Cela nécessite une programmation sur la durée mais nous vous faisons une proposition : faire porter prioritairement l'effort sur les écoles, les collèges, les lycées qui cumulent le plus de difficultés afin de casser le cycle de l'échec.

Cela implique d'ores et déjà que les choix budgétaires qui sont soumis en ce moment au vote du parlement soient profondément revus car ils sont incompatibles avec une quelconque transformation ambitieuse de l'Ecole.

Notre système éducatif est un élément décisif de l’avenir de nos enfants et du devenir de notre société. Les attentes des jeunes, de leurs familles, de nos concitoyens sont fortes. Nous avons tous la responsabilité de ne pas les décevoir.

Les nouvelles coordonnées du site web
de la FSU des Pyrénées Orientales

http://fsu66.free.fr


TRIBUNE LIBRE

Deux syndicats de  personnels de l’enseignement privé ont sollicité leur affiliation à la FSU. Entre partisans du pour et partisans du contre, le débat est parfois passionné. Nous publions ci-dessous un article qui comme pour toute tribune libre n’engage que son auteur. Le débat reste ouvert…

TOUS ENSEMBLE?

La FSU est sollicitée par des syndicats des personnels de l’enseignement privé qui souhaitent intégrer notre fédération. Cela donne de l’urticaire à certains, d’autres se questionnent. Les principaux intéressés, c’est-à-dire les personnels qui dans les établissements privés tentent de construire un syndicalisme combatif ( ne doutons pas que la tâche est immense), attendent nos réponses.

Le Congrès de PERPIGNAN a choisi la voie de l’ouverture de la fédération sur les différents secteurs de la fonction publique: cette ouverture est à l’œuvre dans la fonction publique territoriale, à l’Equipement, au Ministère de l’Agriculture. Dans un syndicalisme éclaté la FSU est perçu comme un pôle de rassemblement, en particulier dans le difficile combat pour la défense des services publics et de leurs personnels. La décision de la FSU quant à l’adhésion des personnels de l’enseignement privé est l’objet d’un débat et les syndiqués se prononceront. Dans ce cadre-là je voudrais tout à la fois déminer le terrain et donner mon opinion.

L’enseignement privé, en tant qu’institution, représente tous les dangers qui menacent le service public d’éducation: désengagement de l’état de ses missions, précarisation généralisée des personnels, sélection sociale des élèves, pressions idéologiques et sociales en tous genres, concurrence entre les établissements  …. Dans l’acte fondateur de la FSU est inscrit l’engagement de notre fédération pour un grand service public laïque de l’éducation qui passe nécessairement par la nationalisation d’un enseignement privé qui vit totalement aujourd’hui de crédits publics. Le fait que cette nationalisation ne soit pas portée dans le contexte actuel par une volonté politique forte ne change rien à la légitimité et à la charge de transformation sociale d’une telle revendication. Un tel principe nous impose de dire clairement qu’il est totalement exclu pour nous de travailler sous quelque forme que ce soit au développement de l’enseignement privé.

Ce combat peut-il être aussi celui des personnels de l’enseignement privé ? Les personnels qui souhaitent intégrer la FSU le font en toute connaissance de cause, en sachant ce que sont nos orientations en matière de nationalisation… et en les partageant, souvent depuis longtemps. Et cela avec d’autant plus d’acuité que vues de l’intérieur les dérives de l’enseignement privé sont certainement plus prégnantes. Les personnels de l’enseignement privé ne sont pas les copies conformes de leur hiérarchie, fût-elle épiscopale.

L’efficacité du syndicalisme réside dans sa capacité à construire des alliances et à (re) trouver le chemin de l’unité. La route est longue et parsemée d’obstacles tant la culture de la division fait des ravages. Au-delà du TOUS ENSEMBLE TOUS ENSEMBLE TOUS ENSEMBLE que nous crions dans les grands moments, la construction de l’unité passe par le renforcement de ceux qui au sein du syndicalisme  incarnent cette volonté unitaire. La FSU depuis sa création est au cœur de ce processus: en refusant, aux personnels de l’enseignement privé de faire partie de notre fédération nous ferions la preuve de notre incapacité à construire cette unité sur le seul domaine éducatif. Nous affaiblirions le courant que nous voulons incarner: celui d’un syndicalisme unitaire de lutte, de contestation, de masse et de proposition.

Toute adhésion à la FSU signifie des droits et des devoirs, elle peut se mettre en place de façon diverse, progressive, adaptée. Quelle qu’elle soit elle engage dans une démarche novatrice: gageons que cette démarche-là si elle aboutissait susciterait quelques souci à la hiérarchie catholique et serait davantage perçu comme une avancée de l’esprit laïque au sein d’un milieu nouveau que comme une perte d’identité de la FSU.

Ne soyons pas timoré sur notre capacité à construire et à développer de telles démarches, ne sous-estimons pas la dimension attractive et mobilisatrice de la FSU à l’œuvre dans toutes les luttes récentes.

Le 22 novembre 2004, Jean-Marie PHILIBERT


Jeudi   2 Décembre   à 20 h 45

Lycée Clos Banet   PERPIGNAN

 Un débat avec Gérard  ASCHIERI

 

 


Les syndicats  de la FSU

°°°°°

EPA            Éducation, Populaire, Autogestion Jeunesse-Sport

SNAC          Syndicat National des Affaires Culturelles

SNAP-FNSP   Syndicat National  du Personnel de la Fondation Nationale de Sciences Politiques

SNASUB   Syndicat National de l’Administration Scolaire, Universitaire et des Bibliothèques

SNCS        Syndicat National des Chercheurs Scientifiques

SNE           Syndicat National de l’Environnement

SNEP        Syndicat National de l’Éducation Physique

SNEPAP     Syndicat National de  l’Administration Pénitentiaire

SNES          Syndicat National des Enseignements de Second degré

SNESup      Syndicat National de l’Enseignement Supérieur

SNETAP      Syndicat National de l’Enseignement Technique Agricole Public

SNICS          Syndicat National des Infirmier(e)s Conseiller(e)s de Santé

SNPCEN       Syndicat National  de Physique Corpusculaire et de l’Énergie Nucléaire

SNPES-PJJ   Syndicat National des Personnels  de l’Éducation Surveillée - Protection Judiciaire de la Jeunesse

SNPI              Syndicat National Personnels d’Inspection

SNUAS-FP     Syndicat National Unitaire des Assistants Sociaux de la Fonction Publique

SNU-CLIAS    Syndicat National Unitaire des Collectivités Territoriales Intérieur et Affaires Sociales

SNUEP          Syndicat National Unitaire de l’Enseignement Professionnel

SNUipp Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des écoles et PEGC

SNU-TEFI       Syndicat National Unitaire Travail Emploi Formation Insertion

SYGMA          Syndicat Général  Ministère de l’Agriculture

UNATOS Union Nationale des Agents, Techniques, Ouvriers de Service